Stork Klinik
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Chers enfants et chères femmes

La bienvenue du fond du cœur à cette 3ème rencontre des cigognes. Nous sommes peut-être en train d’établir une tradition depuis que le fils de Nanna et Karen a demandé à sa mère il y a trois ans : « Comment se fait-il que je n’ai pas de père ? Et qui est ce monsieur Stork de toute façon ? »

La clinique Stork s’est agrandie depuis la dernière fois. Je vais donc vous présenter deux collègues qui ont été à la clinique depuis plusieurs années et qui à partir du 1er janvier cette année partagent une plus grande part de responsabilité de gestion entre elles :

Christina Kirkegård qui a brillament rempli la tâche de directrice avec tout ce que ça implique de responsabilité et de direction de personnel. Et

Julie Molin, qui est sage-femme en chef et chef du développement et du contrôle de qualité de la clinique.

Et ici, nous avons quelques uns de nos enfants : Mikkel, Andreas, Sigurd, d’autres ? et Oskar. 

D’avoir été anarchiste politique et activiste comme je l’ai été est une chose. C’est donc merveilleux de voir que nous avons 2 femmes qualifiées qui peuvent si bien gérer et guider une clinique. Une clinique qui compte maintenant 12 employées engagées et dévouées.

Les 3 buts principaux de cette rencontre sont

Tout d’abord de célébrer la diversité au regard du fait qu’une famille peut avoir des aspects très différents et toujours être UNE VRAIE FAMILLE

Le 2ème but est que nous – en tant que parents dans des formes de familles spéciales et innovantes – avons la possibilité d’établir des contacts. Ça sonne si bien. Cependant, je crois qu’il est important que nous ayons la possibilité de parler ensemble et de créer des liens dans tous les sens. C’est pour cela qu’il y a du papier et des crayons sur toutes les tables, afin que vous puissiez échanger des adresses, etc. Si certaines d’entre vous désirent un groupe plus organisé et voudraient avoir plus de participantes, la StorkKlinik peut vous aider. Il y a aussi des papiers là-dessus sur votre table.

Et le 3ème but, qui est le but le plus cher à mon cœur : je voudrais que les enfants aient la possibilité de sentir et de voir beaucoup d’autres enfants charmants qui vivent comme nous avec 1 ou 2 mères et sans avoir ni père ni homme dans la famille, comme c’est le cas parfois pour d’autres enfants.

Si nous pouvons en ce jour avoir contribué, chacun comme une petite pièce d’un puzzle bien plus grand, à donner aux enfants un sens de l’histoire, alors le but est atteint. 

L’histoire d’un père ne se trouve pas chez nos enfants comme elle se trouve chez d’autres. Presque tous les enfants présents ici aujourd’hui ont une chose en commun : ils n’ont pas de père et ils ont été créés avec l’aide d’un donneur de sperme.

La moitié de l’histoire biologique et génétique sera pour toujours inconnue pour nos enfants. Il en est ainsi.

Mais l’histoire de la création des enfants est tout de même très importante. C’est l’histoire de toutes les pensées, tous les sentiments et toutes les considérations pris en compte afin que nous fassions le choix de l’insémination en tant que mères potentielles. L’histoire du doute et du scepticisme sain. Et ensuite, la décision finale. C’est l’histoire que nous, à la clinique, vous avons encouragées à écrire et à conserver afin que l’enfant puisse éventuellement la lire plus tard. Un jour, s’il en a envie…

L’histoire des enfants est aussi l’histoire de la clinique où l’insémination a eu lieu. Une clinique qui s’est développée au rythme des réactions que nous avons été si contentes de recevoir de vous toutes. Une clinique qui a maintenant déménagé vers des locaux avec plus de lumière et d’air sur Nørre Søgade. Vous pouvez bien venir voir la StorkKlinik, si vous voulez. Les environs sont bien meilleurs, et pourtant les mêmes photos sont sur les murs, la même atmosphère et les mêmes réservoirs à nitrogène contenant des spermatozoïdes. Ce sont même sur les mêmes tables d’insémination que les enfants présents dans la salle aujourd’hui ont été faits.

L’histoire de l’enfant est également l’histoire de comment vous vous sentiez quand vous avez été inséminée à la StorkKlinik et de comment ça s’est passé.

Et précisément nos enfants font partie de l’histoire d’une époque à laquelle l’assemblée nationale avait besoin d’apprendre à ouvrir les yeux afin de voir que l’on peut être une VRAIE FAMILLE de vraiment beaucoup de façons différentes. Comment les politiciens auraient-ils pu le voir, si beaucoup d’entre vous n’avaient accepté de participer dans les journaux, à la télévision et bien plus ? 

J’ose affirmer que précisément l’existence de nos enfants est une des raisons pour lesquelles la loi a maintenant été modifiée. Je pense que de cette façon nos enfants ont participé à l’écriture de l’histoire de la société. Espérons qu’ils en seront fiers un jour… quand ils seront un peu plus grands.

Aux enfants :
Le fait de ne pas avoir de père est très concret. Il n’est tout simplement pas là. Tandis que ce donneur de sperme et ces spermatozoïdes dont nous parlons tant peuvent paraître quelque peu abstraits quand on a entre 3 et 7 ans.

Le donneur de sperme, nous ne pouvons pas vous le montrer. Il est inconnu, pour toujours. Aussi pour nous à la clinique. Tout ce que nous savons est que le donneur est un homme en bonne santé et sain qui a été suffisamment gentil pour donner quelques spermatozoïdes à une banque de sperme, et que nous avons pu acheter. Nous avons conservé les spermatozoïdes dans des réservoirs  congelés, prêts pour le jour où votre mère est venue et a dit : nous voulons avoir un enfant. Maintenant.

Les spermatozoïdes, à partir de quoi – entre autres – les enfants sont faits, sont si minuscules que l’on ne peut pas les voir à l’œil nu. Par contre vous pouvez les voir dans un microscope avec Julie plus tard aujourd’hui.

Ça peut être drôle de voir ces petits spermatozoïdes nager alentours, prêts à trouver un ovule s’ils rentrent dans le ventre d’une femme. 

À la rencontre des cigognes de l’an dernier nous fûmes désolées de ne pas avoir pu faire prendre une photo de groupe de tous les enfants ayant eu une partie de l’histoire de leur création en commun. Cette année nous devons y réussir. Vous pouvez commander la photo auprès du photographe plus tard. Vous pourrez également la voir sur notre site dans quelques jours.

Et nous terminons avec le cirque. Tatiana, ma vieille amie, entre autres, de l’école des femmes et de la maison des femmes, a amené sa famille et son cirque ici aujourd’hui. Je me réjouis de voir le Cirkus Panik de nouveau. 

Merci d’être venus et merci pour votre attention. J’espère que nous allons toutes et tous avoir une bonne journée ensemble.